Caractéristiques cliniques
Dans une étude, Bretzinka(1994) a recueilli l’ensemble des déni de grossesse observés à l’hôpital universitaire d’Innsbruck entre 1987 et 1990, 27 cas référés, les données ont été recueillis à partir des données obstétricales et d’un entretien psychologique ont été recueillis ont démontré que 40% des femmes furent surprises par le travail, découvrant à cet état instant qu’elles étaient enceintes, environ 11cas sur 27. Pour 9 cas sur 27, la grossesse fut découverte accidentellement, par un tiers entre 26 et 36 semaines de grossesse, enfin 7 femmes privent conscience de la grossesse entre 21 et 26 semaines de gestation, à l’occasion d’un accident obstétrical.
D’après cette étude, les réactions à la révélation de la grossesse sont généralement bruyantes, un comportement délirant à été observé chez deux femmes, par ailleurs décrites comme psychotiques, pour d’autres femmes, des réactions inadaptées « névrotiques » ont été observé chez la plupart des femmes, on a noté des réactions de sidération plus au moins marquées : choc, sentiment d’insécurité, angoisse ou sentiment dépressif de courte durée. Toutes ces réactions marquent l’ambivalence maternelle vis-à-vis de la grossesse et de l’avènement de l’enfant : on a découvert chez des femmes ayant découvert la grossesse entre 21 et 22 semaines de la gestation des complications obstétricales tel que un retard de croissance, mort in utero, malformation, à l’inverse, l’état de santé des bébés est remarquablement bon chez la plupart qui ont mené à terme leurs grossesses et qui ont pris conscience de leurs grossesse que lors su travail.
- Les symptômes de grossesse , dans une importante proportion de cas : le corps est peu modifié par la grossesse, ce que les auteurs ont nommé la complaisance somatique, pas d’aménorrhée, la prise de poids est très faible ou nulle, les nausées et autres symptômes secondaires de grossesses sont rares.
- Hypothèses psychopathologiques
Le déni de la grossesse est un symptôme, il ne permet pas de diagnostiquer une pathologie spécifique. Il recouvre un ensemble de configuration psychique ayant en commun l’ambivalence du désir d’enfant.
Les cas rapportés par Bonnet, 1990, ont montré que le déni de grossesse suggèrent qu’il sont en fait des dénégations de grossesse caractérisant un fonctionnement névrotique. Le déni de grossesse apparait entretenir avec la conversion hystérique.
La négation de grossesse lorsqu’elle survient chez la femme schizophrène révèle plus souvent du déni. Une mère schizophrène formule cela ainsi « ils disent que j’ai un bébé dans le ventre ». Lorsque le déni de grossesse cède avant la naissance, il lui succède parfois une sorte de pensée magique au terme de laquelle la femme adhère avec plus au moins de conviction à l’idée que l’enfant ne naitra pas ou décédera spontanément in utero.
- Conséquences sur les enfants
Les études ont montré que les conséquences de déni de grossesse sur l’enfant peuvent aller de la violence ou la négation jusqu’aux troubles majeurs de développement.
Manifestations psychiques aigues de la grossesse et de l'accouchement
Psychose aiguë de la grossesse
L’existence d’épisodes psychiques survenant durant la période anténatale fut attestée par Esquirol.
Dans les travaux les plus récents, leur sémiologie ne parait pas différer des manifestations plus tardives mais leur fréquence est bien plus faible.
Troubles psychotiques du travail et de l’accouchement
La confusion est la manifestation la plus classiquement décrite accompagnant les dernières étapes de travail, elle est parfois associée à une excitation maniaque ou des propos délirants rapidement résolutifs.
Il demeure discutable de classer certaines manifestations psychiques extrêmement labiles qui peuvent suivre tout accouchement de troubles psychiatriques :instants fugaces de déréalisation, intuition quasi-délirante vite critiquées, des difficultés transitoires à reconnaitre l’enfant comme sien.
C’est un symptôme dysphorique transitoire, aigu et bénin ; dont la prévalence est maximale entre 3 et 4 jours après la délivrance.
Il est spécifié par la présence de pleurs, dépression et parfois exaltation de l’humeur,insomnie, irritabilité, confusion, perte de mémoire, trouble de concentration, de sentiment d’étrangeté et de dépersonnalisation. La labilité thymique et la fluctuation symptomatique sont caractéristiques essentielles de ce syndrome. Le vacillement émotionnel, le passage de rire aux larmes, l’excitation, le sentiment de déréalisation, des difficultés de se concentrer sont aussi fréquemment cités.
Dépression du post-partum(DDP)
Le début du DPP est le plus souvent insidieux, parfois sous la forme d’un post-partum blues qui se prolonge mais le plus souvent après une latence de durée variable. Deux pics de fréquences ont été signalés : les 6 premières semaines puis entre 9 et 15 mois du post-partum blues. La phase d’état est dominée par des manifestations névrotiques. C’est une dysthymie asthénique et irritable affectant centralement la relation à l’enfant et aux soins
Il ya des signes peu spécifiques : la tendance à pleurer, labilité de l’humeur, découragement, fatigue, perte d’intérêt, perte de libido, troubles de concentration et de la mémoire, absence de plaisir à pratiquer les soins, sentiments d’inadaptation aux besoins du bébé.
Les psychoses puerperales
C’est une bouffée délirante polymorphe survenant chez une femme dans les jours qui suivent l’accouchement, associant des éléments délirants centrés sur la naissance et la relation à son enfant à un état confuso-onirique et à des troubles thymiques .
Ce sont des troubles psychopathologiques périnataux chez l’homme, ils sont décrit le plus souvent comme des passages à l’acte ; des violences intraconjugales, des épisodes d’alcoolisation, des conduites phobiques marquées par le départ du domicile.
Prise en charge des troubles
Ladépression pendant la grossesse s’associe à de mauvais soins prénatals, à une mauvaise alimentation, à une prématurité plus élevée, à un petit poids de naissance, à un avortement spontané et à des comportements à risque dangereux. Les antidépresseurs tricycliques ont été remplacés par des inhibiteurs sélectifs du recaptage de la sérotonine (ISRS), dont le risque d’effets toxiques est faible.
- Le traitement psychodynamique est axé sur la représentation qu’a la mère de son nourrisson et sur sa relation avec celui-ci, il explore, également, les aspects de la propre enfance de la mère et de son histoire d’attachement précoce.
Après un maximum de dix séances, on remarquait une amélioration significative, les troubles de sommeil et de l’alimentation du nourrisson diminuaient, de même que les troubles de la séparation et le contrôle intrusif, tandis que la sensibilité de la mère aux signaux du nourrisson augmentait. De plus, l’estime de soi de la mère augmentait, et le nourrisson devenait plus coopératif.
- La thérapie interpersonnelle porte sur les relations et les problèmes interpersonnels que vivent les mères en dépression postpartum. Cette thérapie réduisait les symptômes dépressifs et accroissait le rajustement social. Elle est également utilisée pour prévenir la dépression postpartum chez les femmes enceintes présentant au moins un facteur de risque d’une telle dépression.